La balise V16 est devenue un équipement réglementaire pour les véhicules immatriculés en Espagne depuis janvier 2026. Le marché regorge de modèles affichant la mention « homologuée DGT » sur leur emballage, mais cette inscription ne garantit rien. Seule une vérification précise du modèle et du certificat permet de s’assurer que le dispositif est réellement autorisé, et donc que votre achat ne se transforme pas en amende.
Codes d’homologation V16 : deux formats, deux laboratoires accrédités
Avant toute considération de marque ou de prix, le point de contrôle le plus fiable reste le code gravé sur la lentille de la balise. Deux laboratoires seulement sont habilités à certifier une balise V16 connectée pour la DGT.
Le format du numéro d’homologation diffère selon le laboratoire ayant réalisé les tests. Les deux formats reconnus sont :
- LCOE XXXXXXXXXXG1 : code délivré par le Laboratorio Central Oficial de Electrotecnia, où les X correspondent à une série de chiffres propres au modèle certifié.
- IDIADA PC XXXXXXXXXX : code délivré par l’organisme IDIADA, conformément au Décret royal 2822/1998 pour l’homologation des équipements de véhicules.
- Tout autre format de code, toute mention générique du type « CE » ou « homologué Europe » sans l’un de ces deux préfixes, signale un dispositif non reconnu par la DGT.
Ce code doit être physiquement lisible sur la balise elle-même, pas uniquement sur la boîte ou la notice. Si le vendeur ne peut pas vous montrer ce marquage avant l’achat, passez votre chemin.

Liste officielle DGT des balises V16 homologuées : la seule référence valable
La DGT publie et met à jour une liste officielle des marques et modèles de balises V16 autorisés. Cette liste est accessible sur le site de la DGT, dans la rubrique consacrée aux dispositifs de présignalisation V16.
Pour chaque balise référencée, la liste indique le numéro de certificat, la marque, le modèle et l’entreprise demandeuse. La vérification consiste à croiser la référence exacte du produit que vous envisagez d’acheter avec les entrées de cette liste.
| Élément à vérifier | Où le trouver | Ce qui doit correspondre |
|---|---|---|
| Numéro de certificat (LCOE ou IDIADA) | Gravé sur la lentille de la balise | Identique à celui figurant sur la liste DGT |
| Marque et modèle | Emballage, fiche produit, annonce en ligne | Référence exacte présente dans la liste officielle |
| Entreprise demandeuse | Liste DGT | Correspond au fabricant ou distributeur déclaré |
| Connectivité DGT 3.0 | Fiche technique du produit | Mention explicite de la connexion au point d’accès national |
Si un modèle n’apparaît pas dans cette liste, il ne doit pas être considéré comme valide, même si l’emballage affiche « V16 homologuée ». La DGT a d’ailleurs procédé au retrait de modèles non conformes du marché ces derniers mois.
Balise V16 connectée ou non connectée : une distinction qui change tout
La réglementation espagnole impose depuis 2026 que la balise V16 soit connectée. En pratique, cela signifie que le dispositif doit transmettre en temps réel sa position GPS au point d’accès national de la DGT (système DGT 3.0) lorsqu’il est activé.
Une balise simplement lumineuse, sans module de communication, n’est plus conforme. Certains modèles vendus avant 2026 portaient déjà le label V16 mais ne disposaient pas de cette connectivité. Ces anciens modèles ne figurent pas sur la liste officielle actuelle.
La connectivité a une durée de couverture. Certains fabricants, comme Hero Driver, annoncent une connectivité garantie jusqu’en 2040. Ce paramètre mérite attention : une balise dont le service connecté expire rapidement pourrait devenir inutilisable avant la fin de vie du véhicule.
Exigences techniques à connaître pour évaluer un modèle
Le décret royal 1030/2022 fixe les spécifications auxquelles tout modèle V16 connecté doit répondre. Ces critères sont testés en laboratoire accrédité selon la norme UNE EN-ISO 17025.
- Visibilité horizontale de 360° et angle vertical minimum de ±8°, pour une détection sous tous les angles d’approche.
- Intensité lumineuse entre 40 et 80 bougies efficaces à 0°, maintenue pendant au minimum 30 minutes de fonctionnement.
- Indice de protection minimum IP54, garantissant la résistance à la poussière et aux projections d’eau.
- Stabilité au vent sous une pression dynamique de 180 Pa, sans basculement sur surface plane.
- Fréquence de flash entre 0,8 et 2 Hz.
Un vendeur sérieux rend ces données accessibles dans la fiche technique. L’absence de ces spécifications sur l’annonce ou l’emballage est un signal d’alerte.

Véhicule immatriculé en France et balise V16 : qui est concerné ?
La DGT a publié une instruction officielle sur ce point. Le V16 connecté est obligatoire uniquement pour les véhicules immatriculés en Espagne. Un véhicule avec une plaque française circulant en Espagne reste en conformité avec le triangle de présignalisation classique.
En revanche, un automobiliste installé durablement en Espagne doit y immatriculer son véhicule et s’équiper d’une balise V16 homologuée. La distinction repose sur l’immatriculation, pas sur la nationalité du conducteur.
L’amende pour absence de V16 sur un véhicule espagnol s’élève à 200 euros. Le risque financier dépasse largement le prix d’une balise conforme.
Vérifier l’homologation V16 avant achat : les trois contrôles à faire
La procédure tient en trois étapes qui prennent moins d’une minute. Repérez le code d’homologation sur la balise (format LCOE ou IDIADA). Recherchez le modèle exact sur la liste officielle de la DGT. Vérifiez que la fiche technique mentionne la connectivité DGT 3.0 avec une date de couverture précise.
Un modèle absent de la liste officielle, un code d’homologation manquant ou un produit sans connectivité confirmée sont trois motifs suffisants pour renoncer à l’achat. Le marché propose suffisamment de balises certifiées pour ne pas prendre ce risque.

