Premium Motor Spirit : ce que les automobilistes ignorent encore sur ce carburant

4,6 millions de tonnes. Voilà, chaque année, ce que les automobilistes français engloutissent sous le doux nom de premium motor spirit. Ce chiffre brut, souvent relégué au fond des rapports énergétiques, cache une réalité bien plus nuancée que le panneau de prix à la station-service.

Premium motor spirit : un carburant plus complexe qu’il n’y paraît

Derrière le terme premium motor spirit, on découvre un carburant bien plus élaboré que l’image familière de l’essence. Pour fonctionner dans les moteurs à allumage par étincelle, le PMS naît d’un assemblage précis d’hydrocarbures légers (C4 à C12), complétés par des composés aromatiques et un éventail d’additifs carburant : antioxydant, détergent, colorant de repérage. Ce n’est donc pas qu’une simple affaire de raffinage, mais une formule ajustée en permanence.

Le carburant de base, fourni par Exolum, se retrouve dans les pompes de Shell, BP, Esso, mais aussi sous les enseignes des grandes surfaces telles que Carrefour, Leclerc ou Intermarché. Ce qui distingue chaque marque, ce sont les additifs qu’elles y ajoutent. Que l’on choisisse la V-Power de Shell, l’Excellium de TotalEnergies ou l’Ultimate de BP, chaque formule promet un moteur plus propre, une meilleure longévité et moins de fumées. Mais au fond, le carburant de départ reste commun.

Pour mieux comprendre ce qui compose le PMS, voici les caractéristiques clés que l’on retrouve dans sa formulation :

  • Indice d’octane élevé (supérieur à 90 RON)
  • Soufre contenu à moins de 50 ppm
  • Présence de bio-éthanol (moins de 10%) pour diminuer l’empreinte fossile

Les raffineries ne ménagent pas leurs efforts : elles investissent dans l’isomérisation pour hausser l’indice d’octane, garantissant ainsi une combustion dynamique, avec moins de particules fines et de pluies acides. TotalEnergies, par exemple, pilote sa chaîne logistique de la raffinerie à la pompe pour assurer une qualité constante du PMS.

Par sa conception, le PMS se distingue radicalement du diesel ou du kérosène. Il s’adresse aux moteurs modernes, promettant propreté et performance, sans compromis sur l’efficacité.

Jeune femme examine un livret sur le carburant dans sa voiture

Ce que la plupart des conducteurs ignorent sur ses effets à long terme

Les conducteurs séduits par le carburant premium espèrent gagner en propreté moteur et en rendement. Pourtant, la réalité s’éloigne parfois des promesses commerciales. Les additifs carburant, souvent mis en avant pour leurs propriétés nettoyantes ou antioxydantes, n’ont pas encore prouvé leur impact sur la durée, selon différentes études. José Rodríguez de Arellano, qui dirige Plenergy, ne mâche pas ses mots : « Les additifs ne servent à rien. » Le débat rebondit alors, chiffres à l’appui.

Pour démêler le vrai du marketing, il faut regarder de près les constats posés par les tests et retours d’expérience :

  • Le carburant premium coûte plus cher à la pompe
  • Des essais indépendants montrent des performances similaires à celles du carburant standard
  • L’efficacité réelle des additifs reste discutée

La question de la pollution carburant revient sans cesse. Avec sa faible teneur en soufre, le premium motor spirit limite la formation de pluies acides. Grâce au pot catalytique, devenu la norme, les gaz nocifs sont transformés en résidus plus neutres. Conséquence concrète : les particules fines diminuent, ce qui n’est pas anodin pour les enfants sujets à la toux persistante.

Le stockage carburant n’est pas à négliger. Les citernes de PMS affichent leur signalisation orange, et les chauffeurs sont équipés de kits anti-déversement. Que ce soit lors du transport ou à la pompe, quelques règles simples s’imposent : assurer une bonne ventilation, maintenir le bouchon fermé, et garder un extincteur à proximité. Cette vigilance, souvent minimisée, influe directement sur la qualité du carburant dans le temps et limite les pertes par évaporation.

Enfin, le CO₂ carburant prend une place nouvelle : récupéré à la sortie des raffineries, il alimente désormais certaines serres horticoles. Difficile d’ignorer que le PMS, au-delà du plein hebdomadaire, irrigue toute une économie d’emplois et de fiscalité. La prochaine fois que vous tendez le bras vers la pompe, souvenez-vous : sous le capot, il se joue bien plus qu’un simple trajet.

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