Les oxydes d’azote émis par les moteurs diesel dépassent régulièrement les limites légales en milieu urbain, malgré les dispositifs de contrôle. Les particules fines issues de l’abrasion des freins et des pneus persistent dans l’air, indépendamment du type de motorisation.
La réglementation européenne distingue les émissions à l’échappement et celles non liées à la combustion, pourtant leur impact sur la santé reste équivalent. Les moteurs essence récents rejettent plus de particules ultrafines que certains modèles anciens, en dépit de normes plus strictes.
Pourquoi les voitures sont-elles au cœur de la pollution atmosphérique ?
Dans l’arène urbaine, le trafic automobile s’impose comme le premier générateur de pollution de l’air dans les grandes villes françaises et européennes. Les voitures, diesel ou essence, sont responsables d’une part notable des émissions de particules fines, d’oxydes d’azote ainsi que de composés organiques volatils. Le maillage serré des rues concentre la circulation, démultipliant les points d’émission sur un périmètre restreint. Résultat : des zones où la pollution stagne et s’intensifie, notamment aux heures de pointe ou lorsque la météo bloque la dispersion des polluants.
La voiture individuelle reste privilégiée dans de nombreux centres urbains, faute de solutions alternatives suffisamment développées. Les véhicules particuliers circulent en nombre, souvent à allure réduite, multipliant freinages et redémarrages, autant de gestes anodins qui, cumulés, font grimper les émissions. Ce tableau se retrouve dans les zones faibles émissions (ZFE) mises en place dans plusieurs villes françaises, censées limiter l’accès aux véhicules anciens. Pourtant, la transition vers un parc automobile moins polluant avance à petits pas.
L’influence des transports routiers ne se limite pas à ce qui sort du pot d’échappement. L’abrasion des pneus et des freins génère des poussières invisibles qui s’ajoutent à la pollution de l’air. Cette accumulation dans des espaces densément habités place la voiture au centre de toutes les discussions sur la qualité de l’air et l’organisation des villes. Les grandes agglomérations tentent différentes approches pour réduire les émissions liées à la mobilité, avec des résultats qui varient selon les contextes locaux.
Les principaux types d’émissions : ce qui sort vraiment du pot d’échappement
Moteur en marche, cité en ébullition, la voiture polluante relâche instantanément un mélange de substances dont la nature dépend du carburant utilisé. Les oxydes d’azote, émis massivement par les moteurs diesel, irritent les voies respiratoires et favorisent la formation d’ozone troposphérique ainsi que les pluies acides.
Les particules fines, PM10 et PM2,5, ne se contentent pas d’être des résidus de combustion. Elles proviennent aussi de l’usure des freins et des pneus, et leur taille minuscule leur permet d’atteindre les profondeurs du système respiratoire.
Autre élément à surveiller : le monoxyde de carbone, principalement rejeté par les véhicules essence plus anciens, s’ajoute à une longue liste de composés organiques volatils, qui, sous l’effet du soleil, forment l’ozone en plein cœur urbain.
À tout cela s’ajoute le dioxyde de carbone, gaz à effet de serre résultant de la consommation de carburant. Si son action n’est pas immédiate sur la santé humaine, il pèse lourd dans la balance du changement climatique et reste scruté de près par les autorités françaises et européennes.
Voici les grandes familles de polluants issus du trafic routier :
- Oxydes d’azote (NOx) : produits majoritairement par les diesels, ils irritent et favorisent l’ozone
- Particules fines (PM) : issues à la fois de la combustion et de l’usure mécanique, elles pénètrent profondément dans les voies respiratoires
- Monoxyde de carbone (CO) : gaz toxique dégagé lors d’une combustion incomplète, surtout sur les modèles essence anciens
- Composés organiques volatils (COV) : impliqués dans la création d’ozone
- Dioxyde de carbone (CO₂) : reflet de la consommation de carburant, il contribue au réchauffement climatique
Quels impacts sur la santé et l’environnement au quotidien ?
Vivre ou travailler en ville, c’est respirer un mélange de polluants issus du trafic. Particules fines et oxydes d’azote s’infiltrent dans l’organisme, atteignant les poumons et le système cardiovasculaire. Chaque année, la pollution de l’air provoque en France plusieurs dizaines de milliers de décès prématurés. Les pics de pollution, régulièrement signalés dans les grandes métropoles, déclenchent des alertes sanitaires et aggravent les difficultés respiratoires des plus vulnérables, enfants, personnes âgées, asthmatiques.
La surveillance de la qualité de l’air, assurée par des réseaux régionaux, met en évidence des variations selon la saison, le volume de circulation et le contexte météorologique. Dans les quartiers denses, la concentration de polluants favorise la formation d’ozone au sol, gaz irritant pour les voies respiratoires. Ceux qui vivent à proximité des axes les plus fréquentés subissent une exposition quotidienne qui peut dépasser les recommandations de l’Organisation mondiale de la santé.
Les effets de cette pollution ne se limitent pas à la santé humaine. Voici quelques-unes des conséquences observées :
- Irritation des bronches
- Augmentation des allergies
- Risque accru d’accidents vasculaires
- Dégradation des écosystèmes urbains
La détérioration de l’air rejaillit aussi sur la végétation, les sols et même les eaux. Les oxydes d’azote et les pluies acides modifient l’équilibre naturel des écosystèmes. Dans les villes françaises et européennes, réduire les émissions du trafic routier s’impose comme une étape décisive pour préserver la santé de tous et limiter les dégâts sur l’environnement immédiat.
Des alternatives pour rouler sans (trop) polluer : quelles solutions concrètes ?
La mobilité urbaine évolue, parfois sans que les automobilistes en aient pleinement conscience. La vignette Crit’Air distingue chaque véhicule en fonction de sa performance environnementale : plus le numéro est faible, moins le véhicule émet de polluants. Les zones à faibles émissions (ZFE) modifient en profondeur les habitudes de déplacement dans les grandes villes, restreignant progressivement l’accès aux véhicules les plus polluants. Cette sélection à l’entrée des centres-villes s’est imposée comme un moyen direct de réduire la pollution atmosphérique.
Les voitures électriques, hybrides ou fonctionnant à l’hydrogène gagnent du terrain. Ces technologies permettent de limiter nettement les rejets en ville, même si la question de la production énergétique reste à perfectionner. Les normes Euro, révisées régulièrement par la Commission européenne, contraignent les constructeurs à réduire les émissions de particules et d’oxydes d’azote sur chaque nouveau modèle.
Pour limiter l’impact de la voiture sur la qualité de l’air, plusieurs pistes concrètes s’offrent aux conducteurs :
- Choisir un certificat qualité de l’air adapté à ses trajets quotidiens
- Opter, pour les déplacements courts, pour l’autopartage ou des modes doux comme la marche ou le vélo
- Prendre en compte les faibles émissions lors de l’achat ou du renouvellement du véhicule
Agir sur la pollution urbaine, c’est aussi adapter les parcours et profiter des solutions numériques proposées par les collectivités : feux tricolores intelligents, ajustement des limitations, optimisation des flux. Le secteur des transports, du bus à la livraison urbaine, repense lui aussi ses pratiques pour accompagner l’essor d’une mobilité plus propre. Un défi collectif, à relever dès aujourd’hui pour respirer plus librement demain.


